Jean-Joseph Goux - La Cybermonnaie ou les doigts de la main invisible.
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N'est-ce pas la notion de représentation qui se trouvent pratiquement mis en cause dans la décision audacieuse de suspendre la convertibilité du dollar, lui qui restait, par l'encaisse-or accumulé à Fort Knox et ailleurs, le seul ancrage de la circulation des purs signes monétaires ? Le discours économique n'a pas manqué d'enregistrer l'ampleur de cette rupture, même si les conséquences métaphysiques, ou esthétiques, aussi bien qu'économiques n'ont pas été mesurées.

Ainsi Jean Denizet déclare carrément à propos du 15 août 1971 : « C'est une des dates historiques les plus importantes, non seulement de l'après-guerre, mais de l'histoire économique de l'humanité ». C'est, dit-il encore, la « fiduciarisation monétaire de l'humanité ».

On perçoit dans les arguments techniques qui rendent compte de cette décision extraordinaire, une déroute de la logique des substituts qui atteste bien l'enjeu considérable sans toutefois en éclairer toute l'épaisseur imaginaire.

Alors que le billet de banque de un dollar (où se voit les insignes de l'État américain, et la figure du père fondateur, Washington) avait été conçu au départ comme représentant une certaine quantité d'or, et donc comme un substitut provisoire de l'or, un signe en attente de sa conversion toujours possible en métal précieux, les rapports entre l'or et son signe officiel sont renversés. Comment ce renversement est-il possible ? L'argument est le suivant : longtemps avant la décision stupéfiante d'inconvertibilité, -->

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