Jean-Joseph Goux - La Cybermonnaie ou les doigts de la main invisible.
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Il affirme qu'" il représente toutes les forces humaines ". Le langage du roman réaliste s'approprie le monde directement, et le représente, aussi certainement que la monnaie-or peut s'approprier tous les biens et représenter toutes les forces humaines.

On trouverait chez des penseurs pragmatistes comme William James ou par ailleurs Paul Valery, des métaphores intéressantes qui attestent que le rapport du langage vrai à la réalité est pensé à partir d'un modèle économique et monétaire : de même qu'un billet de banque n'a de valeur que s'il représente de l'or, un langage vrai est celui qui est couvert par une réalité extérieure à lui. Le philosophe est menacée d'inflation s'il ignore les procédures de vérification qui fournissent et garantissent une couverture-or à son émission langagière.

Cependant en peinture comme en littérature, comme en économie, ce souci de représentation directe va bientôt éclater. À mesure que se déploie la monnaie comme système et non plus comme objet, la chose monétaire devient une combinatoire de signes renvoyant à d'autres signes, dans un renvoi indéfini de la dette où la valeur matérialisée, incorporée dans la marchandise-monnaie ou la marchandise tout court, n'est plus qu'un horizon repoussé indéfiniment. Dette de dettes, la monnaie circule sans jamais se convertir, sinon en d'autres monnaies. -->

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