Jean-Joseph Goux - La Cybermonnaie ou les doigts de la main invisible.
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La notion d'une monnaie-marchandise était encore celle de tous les économistes du siècle précédent. Elle s'est effacée devant la monnaie nominale, qui a d'abord prétendu tenir sa légitimité de sa convertibilité toujours possible en métal jaune, qui faisait fonction de garantie absolue. On disait que le billet de banque représentait de l'or. C'était à l'époque d'un régime esthétique de représentation (dans le roman comme dans la peinture) que l'on exigeait avec force, comme un axiome intangible de l'économie politique la circulation de l'or lui-même, ou, à la rigueur et avec prudence, la substitution du métal précieux par des signes qui le représentaient immédiatement.

Tout se passe comme si le rapport de représentation fidèle, véridique, entre le langage et les choses, ou entre le tableau et le monde visible qu'exigeait l'esthétique réaliste, se retrouvait dans le rapport de substitution toujours possible, immédiat, rassurant entre la monnaie-or et les marchandises qu'elle peut acheter, ou entre les billets de banque et l'or qu'ils représentent, et qui indirectement, achetaient la marchandise. Chez Balzac, l'esthétique littéraire réaliste s'accompagne, dans le contenu même, d'une référence constante à l'or. Le personnage de Gobseck, par exemple, déclare que l'or est la seule chose matérielle de valeur certaine. -->

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